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Vient de paraître : Les Chemins de Goma

 

Couverture du roman : Peinture de Nathalie Sabah, couverture future du roman

Couverture : peinture de Nathalie Sabah

Les Chemins de Goma
(Editions Le Cri, Bruxelles)

 

Cette histoire épique est née d’une rencontre improbable en 2001: Yves De Wolf-Clément préparait une histoire sur la violence en Afrique centrale, dans les provinces du Kivu au Congo, quand  Ernesto Che Guevara s’est invité dans l’histoire, rappelant sa présence active dans la région en 1965.

Quarante ans après, la lutte du héros révolutionnaire n’était pas présente à l’esprit de l’auteur jusqu’à ce qu’il se penche sur la région des Grands Lacs dans un roman réaliste où la situation précaire des humanitaires en butte à des gouvernants locaux qui ont droit de vie ou de mort sur leurs sujets et où le rêve de démocratie et de redistribution des richesses dont regorge le sous-sol avait convaincu Guevara d’agir.

C’est naturellement que celui-ci s’est invité dans cette histoire et qu’il revit, quarante ans après sa mort, dans divers pays d’Amérique latine qui ont opéré un virage à gauche et que les Etats africains, lâchés par les deux blocs de la guerre froide, recherchent une voie propre de développement.

Extrait

Après trois quarts d’heure de route, Audrey, Bosco et Védaste arrivent au camp de réfugiés annoncé par une bannière Global Doctors in action. Le camp se trouve en parfait état mais il est vide de tout occupant ! Ils restent bouche bée.
Un chien pelé et couvert d’eczéma vient à leur rencontre en jappant. Ils sautent du véhicule et pénètrent dans la tente la plus proche et découvrent l’infirmerie : les meubles sont en place mais les flacons, les pansements et le matériel opératoire ont disparu. Audrey et ses collègues se regardent, perplexes.
Un ronronnement de jeep se termine par un coup de frein à l’extérieur. Le trio ressort et sursaute à la vue d’un commando de guérilleros, le doigt sur la gâchette.
- Qu’est-ce que vous voulez ? lance Audrey, tâchant de contrôler ses émotions. Nous pouvons vous payer.
Elle n’obtient pour seule réponse que des rires forcés. Le Commandant Moja s’approche d’elle et ricane. Elle baisse la tête pour ne pas le défier. Un sentiment de terreur la parcourt : en un clin d’œil elle a gravé dans sa mémoire son visage chauve dépigmenté, ses yeux injectés de sang, sa peau grasse, ses lèvres blanches et noires traversées par une dépigmentation qui balafre le visage en diagonale, ses scarifications aux tempes et sur le front et ses deux bourrelets à l’arrière du crâne dégoulinant de sueur. Elle n’aurait pu imaginer pire monstre dans ses cauchemars. Il lui tourne autour et, de la pointe de l’arme, lui intime l’ordre de se coucher au sol, les mains sur la tête. Bosco s’adresse aux mercenaires mais il est abattu d’une rafale de kalachnikov avant la fin de sa phrase. Audrey pousse un cri.
- Tu vas bien faire ce qu’on te dit, la carotte ! poursuit le chef dont l’arme fume encore. Il lui enfonce son canon de fusil dans les côtes.
En sentant le métal brûlant, Audrey frissonne. Elle se met à trembler comme une feuille. Elle est glacée. Elle voudrait vomir. Elle parvient à peine à articuler :
- Oui, oui… Prenez l’argent et la voiture…
- SILENCE ! Ton 4X4 ? Il est déjà à nous !
Se tournant vers le véhicule marqué du sigle de l’organisation, il aperçoit un autocollant interdisant les armes à feu à bord. Il tire une rafale sur le véhicule. Les vitres volent en éclats et le radiateur se vide de son eau. Il rit très fort et ses hommes l’imitent.
Védaste et Audrey restent muets de terreur.

 

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