Bluff!
Quatre heures moins le quart. Oncle Pierre ronfle comme toute une scierie. Je le secoue, mais il dort profondément. Un moment, je lui dis fort: « Attention au buffle ! » et il se réveille d’un seul coup. Ça le réveille mais il n’est pas de bonne humeur. Toujours sans slip, il enfile sa tenue de chasse et on part dare-dare avec le pique-nique préparé par l’hôtel. Tharcisse attend devant la voiture comme s’il avait passé toute la nuit là. On prend la route. Pauvre oncle Pierre qui croyait hier qu’il pourrait tirer les deux bêtes très vite.
Nous voilà assis à cent mètres d’une belle mare. Sans les rayons de la lune, on ne saurait même pas qu’il y en a une. C’est Tharcisse qui l’a trouvée. Mon oncle est tout excité. Il a chargé les deux fusils et engagé une balle dans le canon du pistolet.
Quatre heures trente. Un grand troupeau d’impalas vient boire à la mare. Mon oncle s’énerve. Il aimerait qu’elles partent vite pour laisser venir les buffles.
- Et si tu vois un topi, tu le tires ?
- Chhhut… Parle bas. Quand j’aurais tué mon buffle, oui bien sûr. Mais d’abord le buffle, il coûte beaucoup plus cher !
Cinq heures cinq. Le ciel pâlit à l’horizon. Oncle Pierre a tendance à s’endormir. Je le secoue l’air de rien. Il sent encore un peu le parfum de la madame.
- Imbogo zagiye kuhuza ?
- Yego.
Tharcisse me confirme que les buffles vont arriver.
Cinq heures cinquante. Oncle Pierre dort. Ce n’est pas grave, on regarde la mare pour lui. Tharcisse me secoue le bras. Il montre un troupeau de buffles qui s’approche de l’eau. Je réveille doucement mon oncle. Il regarde directement vers les buffles. Il sourit si fort que j’ai peur qu’il face un reflet avec sa dent en or. Le moment est passionnant. Je distingue huit ou dix buffles. Dans la lumière bleutée, cela correspond à des masses noires indistinctes.
- Tu reconnais les mâles ?
- Chhht.

Marijke Trog
11 mars 2010 at 5:20
Dag Yves,
Ook al ging ik nooit op jacht -toch niet in die mate- een stukje Afrika werd bij het lezen van dit stuk zeer levendig, al is het meer dan 20 jaren geleden dat ik er nog kwam!
Tse-tse vliegen konden ons niet deren en we zaten -om beurten- het bovenlichaam door de deuropening van onze Peugeot (nadat we de ruiten volledig omlaag hadden gedraaid) om alles beter te kunnen observeren. Levensgevaarlijk, want we dienden heel alert te zijn voor struiken en takken gezien mijn vader er zelf geen aandacht aan besteedde! Het was telkens weer bliksemsnel dekking zoeken in de auto, maar met een toen nog jong en soepel lijf was dat geen probleem! Heerlijke tijd! ….
Heb bij bepaalde passages ook heel hartelijk moeten lachen! Dank dus om me te wijzen op het stukje Akagera dat ik zonet met veel plezier heb gelezen!
Groeten,
Marijke